Voyage en Terres d’Imaginaires
Le 5 février 2026, nous recevions Patrick K. Dewdney et Pierre Constantin pour une journée dédiée au Cycle de Syffe et à la littérature de fantasy.
Patrick K. Dewdney, un écrivain multiple
Avec son premier roman Crocs, à la fois noir et poétique, Patrick K. Dewdney touche au Nature Writing, un genre littéraire où la nature est traitée comme un personnage à part entière. Passé par la poésie, il a ensuite démarré le Cycle de Syffe dont le premier tome est paru en 2018 au Diable Vauvert. Dans ce cycle, les héros, les points de vue, changent en fonction des volumes.
Comparée à celle de Robin Hobb, l’écriture de Patrick K. Dewdney est à la fois littéraire et militante. L’auteur s’attache aux protagonistes, à leur identité, leurs sentiments.
Le Cycle de Syffe, un cas à part

Fait rare dans l’édition, le contrat avec Le Diable Vauvert a été signé pour 15 ans avec 7 tomes prévus !
Et la collection Folio chez Gallimard a acquis les droits des 2 premiers volumes avant leur parution au Diable Vauvert.
Avec cette série qui rompt avec certains clichés de la fantasy, Patrick K. Dewdney apporte des éléments politiques, philosophiques et sociaux.
On peut comparer le Cycle de Syffe à de la littérature médiévale, au-delà de la fantasy pure.
Atelier Worldbuilding ou Comment bâtir un monde imaginaire
En fantasy, il faut une bonne histoire, un univers qui se tient et qui soit compréhensible par le lecteur.
Patrick K. Dewdney nous initie à ce processus d’élaboration d’un monde imaginaire. 
Par exemple, un mythe grec se situe du côté du Merveilleux-Symbolique. Les héros y sont ordonnés par les dieux pour mettre en œuvre un récit. Mais pour de la fantasy, il faut du merveilleux et du réalisme. Le worldbuilding implique la création de cartes, d'une toile de fond et des castes avec des coutumes sociales spécifiques, voire une langue inventée.
Panorama de la fantasy
Pierre Constantin, libraire spécialiste des littératures de l'imaginaire, introduit son propos en partant de la définition de la fantasy par Anne Besson.
Anne Besson décrypte La Fantasy en expliquant qu'elle n'est pas un genre spécifiquement anglophone et que Tolkien est le modèle insurpassable après lequel il n'y a plus que des imitateurs, quand bien même ceux-ci seraient nombreux.
En savoir plus sur le livre La fantasy d'Anne Besson sur le site des éditions Klincksieck.
Naissance de la fantasy
C’est avec William Morris (1834-1896) que la fantasy fait ses premiers pas.
En 1922, E.R. Eddison (1882-1945) publie Le Serpent Ouroboros, bien avant Les Seigneur des anneaux de Tolkien en 1954. Tolkien aurait d’ailleurs avoué avoir lu l’œuvre d’E.R. Eddisson avant de se lancer dans son roman.
Pierre Constantin s’attarde ensuite sur des titres représentatifs de la fantasy en abordant les problèmes de la traduction. Car la fantasy a souvent été traduite par des personnes qui ne maîtrisent pas les codes de ce genre. Ce qui a donné mauvaise réputation à cette littérature pendant longtemps.
Désormais la fantasy a acquis une grande notoriété auprès des publics et des bibliothèques.