Rendez-vous avec Agnès Mathieu-Daudé, autrice jeunesse

Retour sur la rencontre avec Agnès Mathieu-Daudé, invitée le 10 avril dernier à la Médiathèque départementale.

Lors d’une passionnante matinale consacrée à la littérature jeunesse, l’autrice Agnès Mathieu-Daudé nous a présenté son travail d’écrivain, ses thématiques d’écriture ainsi que ses sources d’inspiration.

Petite biographie sélective

Après des études de lettres et d’histoire, Agnès Mathieu-Daudé est devenue conservateur du patrimoine alors depuis, elle conserve : les œuvres des musées comme les souvenirs d’enfance, les passions fulgurantes comme les confitures, bref, tout ce qui est utile et surtout inutile. Elle en fait des romans pour les adultes et des histoires pour tout le monde, qui sont illustrées par des gens terriblement talentueux. Elle vit et travaille à Paris, en compagnie d’enfants et d’un lapin qui dévore ses livres.
[source : Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse]

Une autrice jeunesse révélée

Elle s’épanouit pleinement dans son métier d’autrice depuis 6 ans : lorsqu’elle elle a commencé à écrire pour la jeunesse, elle a alors véritablement trouvé sa voie. Sa rencontre avec Marc Boutavant dans un salon d’auteurs est décisive et lui permet ainsi de publier ses textes aux éditions de l’École des loisirs.

Ses séries de romans premières lectures L’école des souris et Dagfrid, à la fois poétiques et drôles, permettent d’aborder des questions de société comme la famille, l’altérité, le mal du pays, les genres, et ce avec beaucoup d’humour.

Petit détour par le polar avec son roman Arya Barman mène l’enquête et sa série de romans Londinium, aux côtés de cet inspirant lapin détective en pleine quête initiatique. Interview pour découvrir cet univers sur Youtube.

Extrait de Londinium, tome 1 : Un lapin sous le dôme

Arsène ouvrit la porte qui menait aux galeries supérieures. Il plissa un peu son œil gauche autour du monocle qu'il portait en permanence : il ne s'habituerait décidément jamais vraiment à la lumière vive qui régnait à l'extérieur. Mais, s'il n'avait tenu compte que de son confort, le lapin serait resté nuit et jour au fond de son terrier, assis dans son fauteuil préféré, une pipe à la patte, tandis que le gramophone égrenait la voix aigrelette de chanteuses françaises qui lui rappelaient Paris et sa jeunesse, ou on ne sait trop quoi d'autre qui pousse les êtres à écouter en boucle des chansons nostalgiques.

Ses romans jeunesse quant à eux abordent avec beaucoup de finesse des questions au cœur des préoccupations des enfants comme le divorce dans sa série Les voisins, mode d’emploi ou la question de la famille qui s’agrandit dans Z le jeu de ma vie.

Extrait de Les voisins mode d'emploi : Enfermée dehors

[Voisin du dessus] : Et je peux faire quelque chose pour toi ? Tes parents ne sont pas là ? 
Ah, ils ne savaient donc pas, au-dessus, pour le divorce ? Ça ne s'entend pas, un divorce ? Des hurlements quotidiens remplacés par un grand silence ?

De l’humour avant toute chose !

Sa marque de fabrique est l’humour et les jeux de mots. Le fait de s’entourer d’illustrateurs dans cette veine, comme Olivier Tallec (série Dagfrid), Marc Boutavant (nouvelle série Pierre et caillou) et Soledad Bravi (Adieu Tante Aimée et Mamie s’est fait la malle), renforce le propos. 

Aborder des sujets préoccupants sous cet angle permet d’en parler et surtout de dédramatiser comme la question de la mort dans Adieu Tante Aimée.

 

 

Extrait de Dagfrid : Des brioches sur les oreilles

La vie de fille viking, c'est pas compliqué. Tu nais, tes cheveux blonds poussent et dès qu'ils sont assez longs, on te fait deux tresses. Au mieux, quand elles sont bien longues, on te les enroule sur les côtés de la tête, comme si tu avais des brioches qui poussaient sur les oreilles.
Ensuite, on t'habille avec une espèce de robe super longue qui t'entrave les jambes et t'empêche de courir sur les rochers ou d'embarquer pour aller découvrir l'Amérique.
Et pendant toute ton enfance, on t'apprend à faire des trucs très utiles, comme tresser les cheveux des autres filles vikings, ou coudre des espèces de robes super longues qui entravent les jambes. 

Une médiatrice passionnée

Elle anime régulièrement des ateliers d’écriture inspirés de ses romans et a beaucoup de plaisir à rencontrer les élèves, elle y puise de l’énergie et beaucoup d’enthousiasme.
Ses propositions mettent les jeux de mots à l’honneur et font la part belle à l’imagination (jeux d’écriture, phrases à trous, dessins). Par exemple, comment serait la vie dans la peau du personnage de Dagfrid la jeune viking (son apparence, ses goûts, ses obligations,..) ?

Ses nombreuses sources d’inspiration (liste non exhaustive)


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